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FIP : Une première réussie

Mercredi 13 Septembre 2017

La Nouvelle-Calédonie a participé à Apia (Samoa) au 48e Sommet du Forum des Îles du Pacifique (4-8 septembre), en qualité de membre à part entière. Tout comme la Polynésie française. Une première dont a profité Philippe Germain pour faire passer le message : à plusieurs, nous serons plus forts pour protéger nos océans.





« Le Pacifique marin : notre mer d'îles qui sécurise notre avenir grâce à son développement durable, sa gestion et sa conservation » : tel était le thème du 48e Sommet du FIP. On aura donc parlé de la réappropriation et de la maîtrise des ressources marines, notamment de la pêche, et de la bonne gouvernance (gestion, conservation) de l’océan. « Les territoires de la région nourrissent une partie de la planète, mais ne bénéficient que d’un infime pourcentage des retombées économiques de la pêche, constate Philippe Germain. Un de nos défis consiste à se réapproprier ce patrimoine halieutique, à organiser de véritables filières mutualisées dans la région en associant nos compétences, et à développer ainsi une pêche océanienne qui privilégie la transformation locale et garantisse une meilleure préservation de notre ressource ».

Pour son baptême du feu, le président de la Nouvelle-Calédonie, laquelle siégeait donc pour la première fois, a tenu à assurer la vingtaine de dirigeants du Forum de « son souhait de construire avec vous une nouvelle gouvernance de l’Océan Pacifique, plus solide et plus efficace, afin que la sécurité de nos populations soit mieux assurée ». « Nous contribuerons à ce que notre apport à la mobilisation mondiale en faveur des océans donne lieu à la réalisation de projets ambitieux de préservation de nos espaces marins », a ajouté Philippe Germain.

Des îles « fragiles » et « vulnérables »

À l’issue de la retraite des dirigeants qui s’est tenue à huis-clos le vendredi 8 septembre, les chefs d’État et de gouvernement ont approuvé l’initiative du « Pacifique bleu » en tant que catalyseur d'un régionalisme renforcé dans le Pacifique. Ils ont appelé au lancement de négociations à l’Onu pour un nouvel accord sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité dans les zones situées au-delà des juridictions nationales. Ils se sont également engagés à soutenir l’élaboration de politiques visant à interdire l’utilisation de sacs en plastique à usage unique. En matière de lutte contre le changement climatique et la réduction des risques naturels, ils ont mis en exergue la nécessité que le « Cadre pour le développement résilient du Pacifique » (FRDP) prenne mieux en compte les retombées de l’Accord de Paris sur le climat, ont renouvelé leur demande auprès de la Banque mondiale afin que les définitions de « fragilité » et de « vulnérabilité » intègrent la spécificité des îles du Pacifique. Ils ont enfin sollicité la communauté internationale pour le financement de la mise en œuvre de leurs contributions climatiques.

Examen de passage réussi

Au cours de ce Sommet, la Nouvelle-Calédonie aura donc largement réussi son “examen d’entrée”, contribuant activement aux décisions prises par les dirigeants du FIP qui concernent les enjeux clés auxquels la région doit faire face : conservation des océans, changement climatique, développement durable et sécurité régionale. Elle a désormais toute sa place aux côtés de ses voisins pour participer à la construction d’une politique régionale ambitieuse et porter la voix des îles du Pacifique au niveau international. Confirmation du président Germain : « Nous userons de notre relation privilégiée avec l’Union européenne et ses membres qui devront entendre nos aspirations et les accompagner avec pragmatisme et proximité ».

Renforcement de la résilience

Durant le Sommet, Philippe Germain a pris la parole en qualité de “panéliste” devant les dirigeants du FIP et les partenaires du 29e dialogue post-Forum, au cours d’un comité intitulé « Le Pacifique bleu, la voie pour un développement résilient ». Extraits : « […] Je suis intimement persuadé que pour préserver notre océan, pêcher durablement, mettre en place la transition écologique et créer des alternatives économiques aux secteurs traditionnels, la création des aires marines protégées est une des solutions les plus concrètes. Nous en avons fait une priorité au travers de la création du parc naturel de la mer de Corail et de son comité de pilotage qui accueille collectivités, secteur privé, ONG et coutumiers. La gestion et la protection de ce parc ne seront efficaces que si elles sont mutualisées à l’échelle de la région. […] C’est pourquoi j’encourage les îles Salomon, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Vanuatu à étudier la signature d’un protocole de coopération avec la Nouvelle-Calédonie. » Philippe Germain a participé à d’autres séances plénières : rencontre avec la société civile durant laquelle il a exposé le processus de decolonisation calédonien, avec le secteur privé sur l’aspect commercial du Pacifique bleu, ou encore avec les membres associés et les observateurs sur la sensibilisation au domaine maritime.

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Rencontres bilatérales tous azimuts

La délégation calédonienne a multiplié les rencontres bilatérales. Une dizaine au total. Philippe Germain a ainsi rencontré Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire (Nicolas Hulot), afin de définir les modalités de soutien du ministère au parc naturel de la mer de Corail. Il s’est entretenu avec des responsables de la Banque européenne d’investissement sur les possibilités d’accroître sa visibilité comme celle de l’UE dans la région, a poursuivi l’élaboration d’un plan conjoint de coopération avec la Nouvelle-Zélande. Des échanges avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée ont permis de convenir de missions de diplomatie économique à Port Moresby début 2018. Avec le numéro deux du gouvernement fidjien, Philippe Germain a longuement abordé le sujet du développement touristique, ce secteur représentant un tiers du PIB de Fidji. Il a également pu remercier les représentants de l’ONG environnementale Conservation International (CI) qui, en marge du Sommet du FIP, ont tenu à remettre à la Nouvelle-Calédonie un Award pour sa contribution en faveur de la protection des océans.

Source gouvernement



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