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Discours de Cynthia Ligeard au Congrès

Samedi 7 Juin 2014

Je ne vous cacherai pas l’émotion que je ressens en prenant la parole devant vous pour la première fois en ma qualité de présidente du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Je veux d’abord remercier chaleureusement l’ensemble des élus ici présents et plus particulièrement les membres du gouvernement pour la confiance qu’ils me témoignent en me portant à cette responsabilité.

Il s’agira pour moi de diriger avec enthousiasme, avec conviction, et responsabilité une institution que l’Accord de Nouméa a créée dans un esprit de dialogue et de paix au service de la Nouvelle-Calédonie. Cette élection est le dernier acte de la mise en place des institutions. Il ouvre véritablement la dernière mandature de l’Accord de Nouméa.



Discours de Cynthia Ligeard au Congrès
 
 
La campagne électorale qui nous a mobilisés et opposés pendant de longs mois est aujourd’hui loin derrière nous. Et les Calédoniens attendent maintenant légitimement que nous nous mettions rapidement au travail. L’accord de gouvernance solidaire passé entre les formations loyalistes représentées au Congrès répond à cette demande d’unité que les électeurs ont fortement exprimée. Mais cette unité ne se fait pas contre les formations indépendantistes dont la légitimité est tout aussi incontestable. Et cet accord de gouvernance nous engage tout autant à poursuivre dans la voie du dialogue et de la paix avec nos partenaires indépendantistes.
 
Ces engagements d’unité, de dialogue et de paix au service de tous les Calédoniens seront les maîtres-mots de ma présidence. Avec vous, je veux faire le pari de l’intelligence et du respect. Avec vous, je veux compter sur la sagesse de l’ensemble des femmes et des hommes politiques qui composent votre assemblée. Voyons plus loin que nos différences et rejoignons-nous sur l’essentiel pour agir au service de la Nouvelle-Calédonie.
 
Notre responsabilité devant les Calédoniens est d’autant plus lourde que 2014 marque le début de la dernière mandature de l’Accord de Nouméa. Il nous faudra donc trouver, tous ensemble, le chemin d’une nouvelle solution institutionnelle, dans la paix et pour un destin plus que jamais partagé. Pour ma part, je souhaite profondément que ce destin s’accomplisse dans la France. Sans exclusion, sans violence, avec tous ceux qui, nés ici ou adoptés, portent cette terre dans leur cœur. Voilà peut-être le plus grand défi de cette mandature.
 
Nous avons aussi, et comme nous l’ont demandé l’ensemble des électeurs, à mener les grandes réformes courageuses dont notre société a tant besoin dans les domaines économique, social et fiscal pour améliorer la vie quotidienne de nos concitoyens. Là encore, il nous faudra cheminer avec responsabilité et sens de l’intérêt général. A chacune et chacun ici, à tous les Calédoniens, je veux affirmer solennellement que je prends toute la mesure de la responsabilité que vous me confiez ainsi que des attentes qui sont adressées au gouvernement dans son ensemble. Vous pouvez compter sur ma détermination pour, sans relâche, rechercher le consensus qui nous fera avancer, pas à pas, vers le progrès et le destin partagé.
 
Il nous faut donc réapprendre à travailler tous ensemble et se faire confiance mutuellement sans pour autant renier nos convictions. Je serai guidée dans l’exercice de mes fonctions par cette volonté de bâtir les fondations d’une société apaisée et prospère pour tous nos enfants. Une société qui donne à chacun les meilleures chances de réaliser ses rêves et ses ambitions. C’est pour cela que nous faisons de la politique. Pour servir l’intérêt général et celui de la Nouvelle-Calédonie. Alors, ne nous trompons pas de combat. Attachons-nous, toujours et encore, à concilier les antagonismes.
 
Nous ne sommes pas une simple collectivité de la République, mais une entité singulière dans la République française et dans l’environnement océanien. Et nous partageons des valeurs communes ! Celles de la République mais aussi des valeurs mélanésiennes, océaniennes et chrétiennes. C’est là un formidable socle pour construire notre société dans la reconnaissance, le partage et le respect que nous appelons tous de nos souhaits. C’est sur ce socle-là que nous devons nous réunir le plus rapidement possible pour rechercher ensemble une solution partagée par le plus grand nombre pour l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.
 
Je tiens également à vous assurer solennellement au nom de tous mes collègues membres du gouvernement, de notre totale disponibilité pour permettre au Congrès d’accomplir pleinement ses missions de législateur et d’acteur privilégié du débat politique public. Je sais pouvoir compter sur votre engagement et sur votre soutien que j’appelle de tout mon cœur. Pour conclure, je ferai mienne cette citation de Kennedy s’adressant à ses concitoyens au sujet de la conquête spatiale : Nous faisons des choses « non parce que c’est facile, mais bien parce que c’est difficile, parce que ce but servira à organiser et mesurer le meilleur de nos énergies et de nos savoir-faire, parce que c’est un défi que nous sommes prêts à relever, que nous ne voulons pas remettre à plus tard, et que nous avons l’intention de gagner ».
 
* Présidente du gouvernement. Discours lu jeudi 5 juin au Congrès à la suite de l’élection du XIIIe gouvernement issu de l’Accord de Nouméa.
 




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