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Dialogue sur le climat à la CPS : un profond sentiment d’unité et d’espoir

Mercredi 19 Novembre 2014

Malgré le portrait puissant mais néanmoins très sombre de la crise climatique naissante dépeint par les dirigeants océaniens, le Dialogue de haut niveau sur le changement climatique engagé entre ces derniers et le Président français s’est soldé par un message d’optimisme et d’engagement pour l’action.




 
Le Dialogue, par moments teinté d’émotion, s’est déroulé au siège du Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS) à Nouméa (Nouvelle-Calédonie). Plus de 150 représentants des États et territoires membres de la Communauté du Pacifique, des bailleurs de fonds, d’autres partenaires du développement et de la CPS y participaient.
 
Le Président de la République française, Monsieur François Hollande, a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur du  programme océanien d’action climatique, et a promis de placer cet enjeu à l’avant-plan des négociations qui s’engageront le mois prochain à  Lima, et en 2015 à Paris.
 
« La guerre la plus catastrophique est celle que nous menons nous-mêmes contre les générations futures », a déclaré le Président Hollande. Le monde n’a jamais été confronté à un défi d’une telle ampleur, et c’est la raison pour laquelle la France sera fière d’épauler la communauté océanienne. »
 
« Nous devons définir les moyens qui nous permettront de créer l’environnement économique post-carbone. Si nous négligeons d’accompagner les pays les plus pauvres et les plus vulnérables dans cette transition vers un développement durable, il nous sera impossible de conclure le moindre accord contraignant sur l’action climatique future. »
 
Le Président Hollande a annoncé que la France financerait un poste d’expert international de haut niveau sur le changement climatique qui sera basé à la CPS à compter du début de 2015 et sera chargé de la gestion du programme d’action climatique déjà en cours d’exécution à la CPS ainsi que de l’assistance technique aux pays et territoires océaniens en cette matière, avec la collaboration du Programme régional océanien de l’environnement (PROE), en prévision de la tenue de la Conférence sur les changements climatiques, prévue à Paris.
 
Le Président a répété que la France insisterait pour qu’une part des contributions en provenance du Fonds vert pour le climat soit attribuée à la région océanienne, et qu’elle poursuivrait son travail de mobilisation de nouvelles ressources financières auprès de l’Union Européenne et de la Banque mondiale pour assurer l’inventivité et l’efficacité des efforts déployés en Océanie pour affronter le changement climatique.
 
Dans un message convaincant livré au non du groupe des dirigeants océaniens réunis à Nouméa, le Président de Kiribati, M. Anote Tong, s’est engagé au nom de tous les pays océaniens à appuyer la France dans les efforts qu’elle compte déployer en prévision de la vingt et unième Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21).
 
« Nous croyons que le temps presse pour les pays réunis autour de cette table, et que le moment est venu de nous engager concrètement dans l’action climatique », a déclaré le Président Tong.
 
« Nos peuples sont résilients ; ils ont réussi jusqu’ici à assurer leur subsistance, mais leur aptitude à survivre est aujourd’hui compromise par le changement climatique, et le temps est peut-être venu pour eux de solliciter l’aide du reste de la communauté internationale.
 
« Nous voulons donner à la France l’aide dont elle a besoin pour la préparation de la COP 21. Nous souhaitons l’épauler pour assurer la nécessaire réussite de cette conférence, et tendre en même temps la main à la communauté internationale », a-t-il conclu.
 
La plus récente évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a confirmé la vulnérabilité croissante des petits pays insulaires face aux effets des changements climatiques, une analyse que partagent les spécialistes scientifiques et techniques de la CPS.
 
Parmi les problématiques cruciales soulevées par les dirigeants océaniens et d’autres participants au Dialogue, on retiendra notamment celles-ci :
Les effets combinés du changement climatique mettent en danger l’existence même des pays atolls du Pacifique pour les décennies et les siècles à venir.
Le changement climatique aggrave les phénomènes météorologiques extrêmes en Océanie. Inondations, sécheresses et ondes de tempête menacent les populations.
Les effets du changement climatique sur les systèmes agricoles, l’approvisionnement en eau, les stocks halieutiques et les habitats naturels touchent l’ensemble des pays océaniens. La production primaire souffre du dérèglement climatique, et d’autres secteurs importants, comme le tourisme, en subissent les conséquences.
Ces changements, qui s’accompagnent de dégâts d’origine météorologique toujours plus importants, sont lourds de conséquences au plan économique et risquent de compromettre les acquis du développement dans l’ensemble des 22 États et Territoires insulaires du Pacifique, sans exception.
 
Le Premier Ministre des Îles Cook, M. Henry Puna, le Président de Kiribati, M. Anote Tong, le Premier ministre de Niue, M. Toke T. Talagi, la Présidente du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, Mme Cynthia Ligeard,le Président de la Polynésie française, M. Édouard Fritch, le Premier Ministre de Tuvalu, M. Enele Sopoaga, le Premier Ministre de Vanuatu, M. Joe Natuman, ainsi que plusieurs ministres océaniens, étaient au nombre des participants à ce dialogue de haut niveau.Anote-Tong
 
Le Ministre français des Affaires étrangères et du Développement international, M. Laurent Fabius, et l’Envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète, M. Nicolas Hulot, ont également pris part à une table ronde et à des réunions bilatérales avec les dirigeants océaniens.
 
Plusieurs organisations internationales ont contribué au Dialogue : le Secrétariat général du Forum des Îles du Pacifique (FIP), le Secrétariat du Programme régional océanien de l'environnement (PROE), l’Université du Pacifique Sud (USP), l’Union européenne, l’Agence allemande de coopération technique (GIZ), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), l’Agence des pêches du Forum (FFA) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).
 
Pour obtenir la liste des participants et de plus amples renseignements concernant le Dialogue de haut niveau sur le changement climatique, veuillez cliquer sur le lien suivant : www.spc.int/high-level.
 
EXTRAITS
 
Enele Sopoaga, Premier Ministre de Tuvalu : « Nous devons quitter Paris en ayant obtenu un accord détaillé. L’élan est là, et il s’agit de le maintenir. Nous souhaitons des cibles et des objectifs concrets, un accord contraignant pour tous, ainsi qu’un accord axé sur les petits États insulaires en développement, prévoyant des dispositions relatives aux pertes et aux dommages, assurances comprises, afin d’aider des pays vulnérables comme Tuvalu. C’est sur cela que nous devons véritablement concentrer nos efforts. »
 
Colin Tukuitonga, Directeur général de la CPS : « C’est une crise d’ampleur mondiale qui nous amène à nous réunir aujourd’hui : une crise climatique dont le spectre, bien réel, plane sur l’ensemble des sociétés du Pacifique. La visite du Président François Hollande et de son ministre Laurent Fabius offre aux chefs d’État océaniens une occasion privilégiée de parler concrètement de l’impact du changement climatique sur le quotidien des Océaniens et de souligner toute l’importance que revêt la Conférence Paris Climat 2015 pour le Pacifique. De fait, les conclusions de cette conférence décideront pour une large part du sort de nombreux pays océaniens au cours du XXIe  siècle. »
 
Ratu Inoke Kubuabola, Ministre fidjien des Affaires étrangères et président de la Conférence de la Communauté du Pacifique, a transmis une déclaration écrite (étant dans l’impossibilité d’assister en personne à l’événement) :  « Nous nous réjouissons de l’intention manifestée par la France de jouer un rôle moteur dans les efforts déployés pour conclure un accord visant la création d’un dispositif contraignant de lutte contre le changement climatique auquel souscriront TOUS les pays du monde et qui veillera à limiter à moins de 1,5 oC la hausse attendue de la température moyenne mondiale. Un tel accord devrait s’inspirer des principes universels d’équité, d’impartialité et de responsabilité commune, mais différenciée. La visite du Président de la République française à la CPS et ce Dialogue avec les dirigeants océaniens lancent un message opportun à la communauté internationale en rappelant que tous ceux qui souhaitent œuvrer à la construction de collectivités plus résilientes et mieux préparées aux nouveaux défis mondiaux qui s’annoncent trouveront en Océanie un environnement réceptif à leurs préoccupations. »
 
Tenu à l’initiative de la CPS, le Dialogue de haut niveau sur le changement climatique en Océanie a permis aux dirigeants océaniens de faire avancer le débat sur les graves problèmes que soulèvent l’évolution du climat dans la région et de s’entretenir à ce sujet avec les plus hauts représentants de la France, qui accueillera et présidera la vingt et unième Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, avec l’objectif de parvenir à un nouvel accord de portée globale.
 
Pour en savoir plus sur le Dialogue de haut niveau sur le changement climatique en Océanie, consulter le site Web www.spc.int/high-level..

Florence Dhie



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