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De retour de mission au Vanuatu

Mercredi 18 Octobre 2017

Partie le 4 octobre, une aide d’urgence composée de douze militaires des Fanc, de cinq agents de la direction de la Sécurité civile et de la gestion des risques de la Nouvelle-Calédonie (DSCGR) et d’une tonne de matériel de la Croix-Rouge a été déployée sur Pentecôte et Santo, suite à l’évacuation de la population de l’île d’Ambaé, menacée par une éruption volcanique. Retour sur cette mission de quatre jours au Vanuatu, alors que l’état d’urgence vient d’être prolongé de deux semaines à Ambaé.





La mission de reconnaissance et d'évaluation menée par la DSCGR a duré du 4 au 8 octobre. Il s'agissait d'abord de prendre contact avec les autorités locales. Ensuite, de recenser sur les sites assurant l’accueil d’urgence le nombre de personnes évacuées de l’île d’Ambaé, d'évaluer leurs conditions d’hébergement, leurs besoins ainsi que les risques sanitaires, et d'établir le contact avec les ONG présentes, notamment en vue de l’acheminement de l’aide humanitaire. Enfin, de produire de l’eau potable, si nécessaire, à l'aide des unités de potabilisation embarquées dans le Casa à la Tontouta.

Lorsque la mission arrive au Vanuatu, la quasi-totalité des 11 000 habitants d’Ambaé (province de Pénama) ont quitté leur île, à bord de barges, ferries ou petites embarcations, direction Santo (à 50 km), Maéwo et Pentecôte (30 km). Seule une poignée de personnes, souvent des anciens, seraient restées, refusant d'abandonner leur terre, malgré la menace du volcan Manaro Voui entré en éruption depuis plusieurs semaines.

Après un point de situation établi à Port-Vila avec la première conseillère à l’ambassade de France et la directrice de la Croix-Rouge du Vanuatu, le Casa des Forces armées de Nouvelle-Calédonie (Fanc) atterrit à Pentecôte où la tonne de matériel humanitaire de la Croix-Rouge calédonienne (480 moustiquaires, 750 jerricans et 460 nattes) est déchargée. L'unité de la DSCGR installe, pour deux nuits, son camp de base à Londot. « Personne ne savait ce qui se passait sur l'île de Pentecôte, il n'y avait aucune information sur le nombre de réfugiés, leurs conditions d'hébergement, leurs besoins. C'est pourquoi nous nous y sommes positionnés », explique le capitaine Christophe Baumann, chef du service des opérations et de la gestion de crise à la DSCGR et chef de détachement de la mission.

Tentes, bâches, kits hygiène et kits cuisine

L'évaluation débute le lendemain matin. À bord de deux pick-up, l’unité d'intervention (UISC) accompagne deux agents de la Croix-Rouge dans les villages de Ranmawat, Sanmara, Lallwori, Rowok et Waterfall. Aucun problème alimentaire, sanitaire ou d'eau potable à déplorer, les réfugiés d'Ambaé sont en revanche souvent logés dans les structures communes des villages qu'il faut libérer pour les cérémonies et qui nécessitent pas mal de rénovations. « Nous avons donc exprimé des besoins en tentes pour que ces personnes puissent être regroupées par famille, mais aussi noté l'importance de maintenir la stabilité de la situation sanitaire, et l'après-midi le Casa s'est posé à deux reprises, une fois avec 45 tentes australiennes, une autre avec 50 kits hygiène néo-zélandais », précise le capitaine Baumann.

Le 6 octobre, le détachement de l'UISC poursuit son investigation avec les membres de la Croix-Rouge vanuataise. Au total, 18 villages de la côte sud-ouest de Pentecôte seront visités et évalués. Le poste de commandement de Londot est fermé à 13 h 30. Plus tôt dans la matinée, le Casa a effectué une nouvelle rotation sur la Tontouta et récupéré 345 bâches (offertes par la Croix-Rouge calédonienne et destinées à protéger les habitats les plus précaires) qui sont débarquées à Pentecôte avec 135 kits cuisine récoltés par la Croix-Rouge vanuataise pour pallier l’absence d’ustensiles de cuisine et de vaisselle.

Mission sur Maéwo annulée

En milieu d'après-midi, l'avion militaire décolle pour Santo. « Santo n'était pas une priorité pour nous, car le gros du dispositif d'aide y était concentré », poursuit le capitaine. À Luganville, militaires et ONG australiens et néo-zélandais sont en effet à pied d'œuvre depuis plusieurs jours. Représentée par son chef de détachement et l'interprète, l'UISC se rendra plutôt à Maéwo dont on est sans nouvelles. Les deux hommes doivent embarquer avec des militaires des Fanc dans un hélicoptère du HMAS Choulès, navire de la marine australienne stationné dans le port de Luganville. Objectif pour les premiers, évaluer les besoins de la population en provenance d'Ambaé, pour les seconds, analyser la piste pour déterminer si le Casa peut s'y poser ou non. Hélas, en raison de problèmes techniques, l'hélicoptère ne décollera jamais…

Le lendemain, les agents de l'UISC restent donc à Santo. Lors du briefing au centre de gestion de crise (NDMO), ils présentent le bilan des évaluations réalisées à Pentecôte. La méthode douce – « on propose aux autorités locales, on demande si ça leur convient, on n’impose jamais rien » –, la remontée en quelques heures d'informations précises au NDMO, la cohérence entre les besoins validés et l'offre en matériel des ONG, le point de situation quotidien envoyé en soirée au gouvernement calédonien par voie satellitaire, etc. « Nous avons apporté une évidente plus-value, et les Australiens ont beaucoup apprécié notre façon de travailler ! »

Tout est calme à Luganville

Le 7 octobre, les hommes de l'UISC visitent trois importants sites d’accueil à Luganville : Anglican Church, Stadium et Sanma Nabulvaravara. Puis le médecin et l’infirmière se rendent à l’hôpital pour évaluer la situation sanitaire. Heureuse surprise, aucune difficulté particulière à signaler, la centaine de lits occupés pour moitié seulement, certains patients ayant été préventivement transférés vers des dispensaires, à peine cinq ou six “malades” d'Ambaé, des équipes médicales renforcées par des personnels de l’hôpital de Port-Vila. « Avec un chiffre annoncé de 7 500 personnes d'Ambaé arrivées à Luganville, pour une ville de 13 000 habitants, nous nous attendions à voir beaucoup plus de monde dans les camps et à être confrontés à d'importants problèmes sanitaires. Mais au fur et à mesure les personnes ont été réparties dans les familles et les villages de Santo, et la situation s'est fluidifiée. »

Après être monté jusqu'à 4 sur une échelle de 5, le niveau d’alerte du volcan Manaro Voui a été abaissé au niveau 3 le 6 octobre. Aujourd'hui les coulées de lave ont cessé, les nuages de cendres se dissipent progressivement. Pourtant le 11 octobre, trois jours après le retour du Casa en Calédonie, le gouvernement du Vanuatu décidait de prolonger de deux semaines l'état d’urgence sur l'île d’Ambaé, afin de finaliser un plan de rapatriement de la population exilée sur les îles voisines. « Nous restons en contact avec les autorités locales pour anticiper si nécessaire une nouvelle livraison de fret humanitaire (denrées, vêtements…) par voie aérienne ou maritime », indique le capitaine Baumann. En espérant que la situation sera rétablie avant le début de la période cyclonique…

Source gouvernement



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