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"Cynhtia Ligeard : "Je ne suis pas là pour recevoir des instructions"

Jeudi 7 Août 2014

La présidente du gouvernement, élue au titre du contrat de gouvernance solidaire entre non-indépendantistes, s’agace des exigences de Calédonie ensemble, qu’elle juge « hégémonique ».



Les Nouvelles calédoniennes : Le contrat de gouvernance solidaire a-t-il du plomb dans l’aile ?
Cynthia Ligeard : Non, mais il y a des points de crispation trop fréquents qui retardent le processus de décisions. Il y a deux mois que je suis à la présidence du gouvernement. Nous sommes à deux semaines de la Conférence économique et sociale, à une vingtaine de jours de ma déclaration de politique générale devant le Congrès, et je constate que l’état d’esprit n’est pas le bon. Je ne veux pas faire semblant que tout va bien alors que les choses sont compliquées et les apparences sont trompeuses. Le mandat qui nous a été donné par les électeurs est clair. Il a été demandé aux loyalistes, majoritaires, de se réunir pour gouverner ensemble. Et Calédonie ensemble a eu le mérite de prendre l’initiative des discussions. C’est un contrat de travail en commun dans le respect des convictions de chacun. Mais je constate que des élus comme des militants mettent de l’huile sur le feu et que certains tentent de tirer les ficelles en coulisses et jouent à compliquer les choses.
 
Vous avez des exemples ?
Il m’est difficile de citer des exemples concrets sans trahir la confidentialité de nos réunions. Ce que je veux dire, c’est que je vois se profiler une tentation hégémonique de Calédonie ensemble et de son chef de file. Je ressens comme une volonté de retour à l’unité de commandement tant décriée il y a dix ans. Calédonie ensemble est arrivé en tête des élections, soit. Mais si ce parti veut gouverner seul, qu’il le dise et qu’il le fasse en toute transparence. Je ne peux pas accepter qu’il y ait des ingérences permanentes dans l’institution que je préside, et qui est collégiale. Je préside dans le respect de la collégialité et du contrat de gouvernance solidaire. Mais il n’est pas question pour moi de présider en recevant des instructions quotidiennes de Calédonie ensemble.
 
Vous considérez donc que Calédonie ensemble se livre à des ingérences ?
Oui, y compris pour des nominations à des postes administratifs qui ne concernent pas les secteurs dont s’occupent les membres de ce parti. A la province Sud, Philippe Michel décide, au gouvernement, chaque décision est un parcours d’obstacle. On ne peut pas d’un côté vouloir l’unité, et d’un autre torpiller les efforts de ceux qui participent à cette unité.
 
Propos recueillis par Philippe Frédière, Les Nouvelles Calédoniennes du 7 août 2014.

FLG/Philippe Frédière LNC



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