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Ce que la presse métro dit du voyage de Hollande en Nouvelle-Calédonie (part2)

Mardi 18 Novembre 2014

Nouvelle-Calédonie: Hollande face à des manifestants qui veulent "rester français"

En déplacement en Nouvelle-Calédonie, où il effectue sa première visite, le chef de l'Etat a été accueilli par une manifestation de plusieurs milliers d'opposants à l'indépendance de l'archipel, où un référendum d'autodétermination doit être organisé en 2018.



BFM TV avec l'AFP (17/11/14)

Ce que la presse métro dit du voyage de Hollande en Nouvelle-Calédonie (part2)
Accueilli par des opposants à l'indépendance. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté lundi à Nouméa pour exprimer à François Hollande leur volonté de "rester français". Le chef de l'Etat effectue sa première visite officielle dans cet archipel, où aura lieu d'ici 2018 un référendum d'autodétermination.

"On veut attirer l'attention du président de la République, qui découvre le dossier calédonien, sur la majorité silencieuse qui veut rester dans la France", a déclaré Harold Martin, ancien président du gouvernement local et élu du Congrès, qui avait pris la tête du cortège.

Plusieurs milliers de manifestants

Brandissant des petits drapeaux bleu, blanc, rouge et des banderoles "Restons Français", 5.000 personnes selon des chiffres réactualisés de la police, et 8.000 selon les organisateurs, en grande majorité d'origine européenne, ont pris part au défilé.        

Cette manifestation, dont le parcours devait rejoindre le haut-commissariat de la République, était organisée à l'appel d'une partie de la droite non-indépendantiste dont le Rassemblement-UMP, présidé par le sénateur Pierre Frogier (UMP), et le Mouvement Populaire Calédonien, également affilié à l'UMP.

Une "neutralité" contestée
Pierre Frogier reproche à François Hollande de ne pas dire "la position de l'Etat sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie", ce qui contribue selon lui "à affaiblir la France dans le Pacifique". Il déplore la "neutralité" du gouvernement sur la question calédonienne, arguant qu'en 2011 à Nouméa, Nicolas Sarkozy, avait dit "sa préférence pour le maintien de la Calédonie dans la France".

Ce défilé intervient alors que François Hollande, arrivé dimanche soir à Nouméa, effectue lundi une brève visite dans l'archipel où en vertu de l'accord de Nouméa (1998), un référendum d'autodétermination sera organisé. Cette échéance divise profondément l'échiquier politique local. 

"Ce sont les Calédoniens qui auront le dernier mot"

Mais François Hollande a tenu à adresser un message clair: le président de la République a affiché sa volonté d'affirmer la neutralité de l'Etat français dans la perspective de ce rérérendum, tout en en faisant un "succès". "Ce sont les Calédoniens qui auront le dernier mot", a réagi François Hollande, se gardant de toute immixtion dans le vif débat qui oppose indépendantistes kanaks et loyalistes "caldoches".

Au travers du référendum d'autodétermination, la France espère réussir pour la première fois de son histoire un processus de décolonisation par l'accompagnement plutôt que par la rupture.

OBS (Reuter) (17/11/14)

Hollande espère une solution "consensuelle" en Nouvelle-Calédonie

PARIS (Reuters) - François Hollande a dit lundi espérer que le référendum prévu avant la fin 2018 en Nouvelle-Calédonie sur les relations institutionnelles entre l'archipel du Pacifique et la France déboucherait sur une "solution consensuelle".

"C'est toujours mieux d'avoir une solution consensuelle", a estimé le président, invité de la chaîne France Ô, à l'occasion de son déplacement en Nouvelle-Calédonie.

"Si cette consultation devait diviser, on sait bien qu'il y aurait de la frustration chez les uns, chez les autres", a ajouté le président qui a promis l'aide de l'Etat pour accompagner le processus de concertation.

Pressé de donner sa préférence personnelle sur l'avenir de l'archipel, François Hollande a réitéré son engagement d'assurer la neutralité du gouvernement sur la question d'une indépendance totale ou du maintien d'un lien institutionnel avec la France.

Cette ligne politique tranche avec celle de l'ancien président Nicolas Sarkozy, qui s'était prononcé à titre personnel en faveur d'un maintien de l'archipel dans le giron de la République.

Le président français a profité de sa visite pour se recueillir devant les tombes du leader kanak Jean-Marie Tjibaou et du loyaliste Jacques Lafleur, signataires des accords de Matignon de 1988 qui ont mis fin à un cycle de violences.

Le 5 mai 1988, trois jours avant le second tour de l'élection présidentielle, l'armée donnait l'assaut à une grotte située dans l'île d'Ouvéa où des Kanaks retenaient en otage 27 gendarmes. L'opération s'était soldée par la mort de 19 indépendantistes, quatre gendarmes et deux parachutistes.

Signés sous l'égide du gouvernement de Michel Rocard, les accords de Matignon ont été suivis dix ans plus tard par les accords de Nouméa qui organisent le transfert progressif de vastes compétences à la Nouvelle-Calédonie, l'Etat français ne conservant que les principales fonctions régaliennes.

La question de la dernière étape de ce processus d'émancipation divise l'archipel, où des loyalistes ont profité de la visite de François Hollande pour manifester en faveur du maintien des liens entre la Nouvelle-Calédonie et la France.

(Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

Libération (17/11/14)

Ce que la presse métro dit du voyage de Hollande en Nouvelle-Calédonie (part2)
En Nouvelle-Calédonie, Hollande en équilibre sur la neutralité française

Le choix de la pleine souveraineté appartiendra aux habitants, appelés à voter d'ici à 2018, a répété le Président, en visite sur l'île.
L'«équidistance» pour un président de la République se mesure d’abord à des mots. «L’Etat n’a pas à se prononcer pour l’instant sur une solution.» Au centre culturel Jean-Marie Tjibaou de Nouméa, devant les élus de l’île, qu’ils soient partisans de l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie ou de son maintien dans la République, François Hollande a bien pris soin ce lundi de tenir «l’Etat» à la même distance de deux camps qui doivent tomber d’accord sur l'«avenir» de l’île d’ici 2018. «La solution personne ne la connaît encore, c’est vous qui allez la formuler, la trouver», a-t-il insisté en conclusion de ce discours venu clore sa visite éclair sur le «Caillou», sa première sur ce petit bout de France du Pacifique engagé depuis la fin des années 1980 dans un long et tortueux processus de décolonisation. «L’Etat sera à vos côtés. Toujours à vos côtés! La France restera autant que la Nouvelle-Calédonie le voudra ici avec vous», a-t-il répété.
Sur le même sujet

    Témoignages
    «Le débat sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie crée une surenchère politique»
    Par Lilian Alemagna
    Récit
    A Nouméa, sur l’indépendance, Hollande prône «l’équidistance»
    Par Lilian Alemagna

Car la période qui s’ouvre est importante pour cette collectivité d’outre-mer engagée dans un processus de décolonisation inédit depuis la fin des années 1980. Dans les trois ans qui viennent, le Congrès — parlement local qui peut déjà voter des «lois de pays» — doit décider de la date d’une consultation de la population sur l’accession à la «pleine souveraineté». Si aucun accord n’est trouvé, l’Etat organisera d’office un référendum sur l’indépendance de l’île dans les «douze mois» suivant mai 2018. C’est écrit. Ce sont les termes de l’accord de Nouméa signé en 1998 inscrit depuis dans la constitution. Hollande prévient qu’il n’est pas possible d’éviter cette consultation. «Elle aura lieu» à «la date choisie» par les Calédoniens et «et le choix […] sera respecté» par l’Etat, a souligné Hollande rassurant sur la question du collège électoral «figé»: «C’est vous qui allez faire ce choix mais l’Etat doit vous aider à ce que ce choix soit incontestable», a-t-il dit
 
 
 
«Ne pas reproduire les drames du passé»

Lundi, au cours de ses multiples visites à Nouméa et dans la Province Nord de l’île, le chef de l’Etat n’a cessé de souligner les «choix», politiques et économiques, qui attendent les Calédoniens. Il a répété à plusieurs reprises que l’Etat sera «toujours là pour que les engagements» pris par le passé «soient tenus» mais a insisté pour que ce soit les responsables locaux qui permettent à la population de «choisir» son «avenir». «La position de la France c’est une neutralité active, explique un conseiller de Hollande. Si le Président prenait parti, on ne pourrait plus faire cet accompagnement. Ce serait suspect».

Du coup l'«équidistance», ça passe aussi par des actes. Et à défaut de s’engager en faveur d’un camp compte tenu de l’extrême sensibilité de communautés déchirées par des violences dans les années 1980, Hollande a eu deux gestes forts ce lundi en Nouvelle-Calédonie. Première pour un officiel français, il s’est d’abord rendu sur la tombe de l’ex-patron des «non-indépendantistes», le gaulliste Jacques Lafleur, mort en 2010. Puis il est allé dans la foulée à l’autre bout de l’île sur celle de Jean-Marie Tjibaou, leader des indépendantistes assassiné en 1989. Les deux hommes avaient été signataires des accords de Matignon un an plus tôt sous le gouvernement de Michel Rocard.

Ils «se sont levés et ont décidé de se serrer la main après les drames qu’ils avaient vécus et, aujourd’hui, ce sont nos cœurs qui se serrent», a-t-il dit lors de cette venue à Hienghène dans la tribu de Tiendanite. Ils étaient des «hommes de cœurs, de bien et de raison». «Ma présence ici permet de rappeler ce qui s’est produit» et «aux vivants ne pas reproduire les drames du passé», a insisté Hollande.
«Cette paix et fragile»

Ces deux hommages ont touché les familles des deux figures de la récente histoire de la Nouvelle-Calédonie. «Emue» par le fait que Hollande se rende au cimetière PK4 pour Lafleur, la femme de Tjibaou estime que ce geste d’un président socialiste est «plus fort» que d’aller sur la tombe de son mari sur laquelle des ministres se sont déjà rendus mais jamais – avant Hollande – un président de la République. Et pour Isabelle Lafleur, la fille de cet ancien proche de Jacques Chirac, ce «geste» de Hollande peut permettre de «rassurer» un camp loyaliste très divisé depuis la mort de Lafleur et «inquiet» de la position de l’Etat sous la gauche. Pendant qu’Hollande était en Province Nord, une manifestation non-indépendantiste a réuni plusieurs milliers de personnes dans les rues de Nouméa sous le slogan «Restons français».

«L’Etat socialiste est pour l’instant soupçonné de manque d’impartialité, explique Isabelle Lafleur. Je n’ai pas ce sentiment-là. Le président de la République est soucieux de conserver la paix dans ce pays. Cette paix est fragile.» Dans le flou politique qui s’ouvre, celle qui a repris le flambeau politique de son père témoigne de la «peur du vide» qui traverse une grande partie de la population calédonienne, du «racisme» qui «ressurgit ça et là». Elle craint aussi que tout le monde n’attende le «dernier moment pour discuter». «Quand on arrivera au pied du mur, c’est là qu’on verra les maçons. Pour l’instant, ils ont perdu leurs outils, dit-elle. Il y a vingt-cinq ans, on nous a montré le chemin de la paix, une paix fragile, on serait de sales enfants gâtés si on n’est pas capable de maintenir la paix et de trouver une solution.»
«Nous accueillir tous»

«Que veulent les socialistes pour la Nouvelle-Calédonie? On n’a pas de réponses, critique Pierre Frogier, sénateur du Rassemblement UMP, un des partis partisans du «maintien de l’île dans la République». «Tant que l’Etat ne se sera pas prononcé, dénonce-t-il, c’est nous renvoyer face à face. Ça ne peut pas marcher. Ça va mal finir.»

«Mon pays, c’est ici. Ceux qui se disent calédoniens, leur pays c’est ici aussi, rétorque Marie-Claude Tjibaou, le futur de la Nouvelle-Calédonie sera ce que les hommes et les femmes de ce pays vont construire.» De la part de l’Etat, elle attend qu’il «accompagne» cette île française depuis 1853, «sur la voie de la décolonisation et rende ce pays libre». Elle y croit: «Ce pays est suffisamment riche pour nous accueillir tous.»

Francetv info (17/11/14)

Ce que la presse métro dit du voyage de Hollande en Nouvelle-Calédonie (part2)
"Le processus de référendum crée toujours ici de vives tensions. Ce lundi 17 novembre, des milliers de personnes ont manifesté à Nouméa contre l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie" explique la journaliste de France 3.
Direction l'Australie
En signe d'apaisement, François Hollande s'est rendu sur les tombes de Jean-Marie Tjibaou, indépendantiste, et Jacques Lafleur, non indépendantiste. Deux hommes symboles de la réconciliation de l'archipel.
Après cette visite, le chef de l'Etat va poursuivre sa tournée dans le Pacifique. Il sera demain en Australie pour une visite d'Etat de deux jours.

​Francetv info (17/11/14)

Ce que la presse métro dit du voyage de Hollande en Nouvelle-Calédonie (part2)

François Hollande est en visite en Nouvelle-Calédonie pour 36 heures. Un voyage durant lequel il a réaffirmé la neutralité de l'Etat français dans la perspective d'un référendum sur l'indépendance de l'île. Le référendum devrait se tenir au plus tard en 2018.

Visite de François Hollande: quel avenir pour la Nouvelle-Calédonie?
François Hollande est en visite sur le "Caillou", où le Congrès de Nouvelle-Calédonie est chargé d’organiser un référendum sur la "pleine souveraineté" de l’archipel d'ici à 2014. Un dossier sur lequel le consensus est loin d'être trouvé.

François Hollande achève lundi sa première visite en Nouvelle-Calédonie pour un passage éclair de 36 heures dans cet archipel français qui se trouve à 1.500 kilomètres à l’est de l’Australie. Le président a été accueilli dès son arrivée par une manifestation du collectif "Restons français", qui s'oppose à l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie.  

Car ce territoire français, situé au milieu du Pacifique entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande, connaît une période délicate: un référendum d'autodétermination, qui pourrait couper les ponts avec la France, devra se tenir au plus tard en 2018. BFMTV.com fait le point.

Quel est le statut de la Nouvelle-Calédonie aujourd'hui?

Aujourd'hui, la Nouvelle-Calédonie est déjà responsable de larges pans de sa vie publique, de la santé à l'éducation en passant par la sécurité civile, l'environnement ou la fiscalité.

Devenue française en 1853, elle accède en 1946 au statut de territoire d'Outre-mer et a connu depuis une grande diversité de statuts juridiques. Les années 1980 sont marquées par les violences entre les caldoches (loyalistes) et les Kanaks (indépendantistes). Elles débouchent sur les accords de Matignon en 1988 qui prévoient un référendum d'autodétermination dix ans plus tard.
L'accord de Nouméa et le "statut de collectivité spécifique"

En 1998 est signé l’accord de Nouméa qui entend "ouvrir une nouvelle étape (…) sur la voie de la décolonisation". Il confère à l’archipel le statut de collectivité spécifique de la République, dotée d’une autonomie s’élargissant au fur et à mesure des transferts des compétences de l’Etat à La Nouvelle-Calédonie, rappelle Le Monde.fr.

Cet accord prévoit en outre qu' "au terme d'une période de vingt années, le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l'accès à un statut international de pleine responsabilité et l'organisation de la citoyenneté en nationalité seront proposés au vote des populations intéressées". Ce référendum doit être organisé d'après le texte entre mai 2014 et novembre 2018.

Vers un état calédonien indépendant?

Au travers du référendum d'autodétermination, la France espère réussir pour la première fois de son histoire un processus de décolonisation par l'accompagnement plutôt que par la rupture. C'est au Congrès que revient de mettre en œuvre la sortie de l’accord de Nouméa: soit, comme le prévoit l’accord, en allant vers des référendums d’autodétermination (pour ou contre l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie?), soit en trouvant par la négociation une solution qui satisfasse les deux blocs, et qui pourrait ensuite être proposée à la ratification des Calédoniens, explique La Croix.

Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de donner à la Nouvelle-Calédonie un statut durable, qui pourrait être celui d’un état indépendant ou d’une collectivité inscrite à l’intérieur de la République française, avec une large autonomie dont le contour restera à préciser.

Hollande réaffirme la neutralité de l'Etat français

Mais les indépendantistes et les loyalistes sont aujourd'hui très loin d'un consensus. Et François Hollande n'a pas souhaité s'immiscer dans le débat. "Ce sont les Calédoniens qui auront le dernier mot", a-t-il martelé. Le chef de l'Etat a d'ailleurs rendu un hommage croisé aux signataires, en 1988, des accords de Matignon, le "caldoche" Jacques Lafleur, et l'indépendantiste Jean-Marie Tjibaou, allant se recueillir sur leurs tombes, à Nouméa et dans la Province nord. 

Le nickel, au cœur des enjeux

Elément central du processus de décolonisation, la gestion du nickel est l'objet de vifs débats entre indépendantistes, partisans d'une maîtrise publique de cette richesse, et non-indépendantistes à la vision plus libérale. Le nickel est la première richesse de l'archipel, elle possède en effet un quart des ressources mondiales.

Les discussions menées depuis octobre 2010, sous la houlette d'Anne Dutilheul, chargée par l'Etat d'élaborer avec les dirigeants calédoniens un Schéma stratégique industriel, n'ont toujours pas abouti, faute de convergence de vue entre les élus locaux.

François Hollande a inauguré lundi l'usine de traitement du nickel KNS de Voh, dans le Nord. Il a souligné que ce site industriel était un "symbole fort du rééquilibrage" économique entre la riche Province du sud et celle du nord, peuplée majoritairement de Kanaks et gérée par les indépendantistes.
Écrit par Karine Lambin

Europe1 (17/11/14)

Ce que la presse métro dit du voyage de Hollande en Nouvelle-Calédonie (part2)
Hollande, un équilibriste en Nouvelle-Calédonie
Plusieurs milliers de manifestants ont défilé à Nouméa pour exprimer leur volonté de "rester Français".

L'INFO. Après avoir quitté le sommet du G20 en Australie, François Hollande est désormais en visite en Nouvelle-Calédonie. Le chef de l'Etat va rester moins de 48 heures sur cet archipel du Pacifique que l'on appelle "le caillou". Dès son arrivée, il a multiplié les gestes d'apaisement, alors que les habitants restent divisés en vue du référendum d'auto-détermination qui doit se tenir d'ici quatre ans. Europe 1 l'a suivi sur place.

Le président joue les équilibristes. François Hollande a commencé par assurer que la France n'oublie pas ce petit bout de paradis à 17.000 kilomètres de Paris. Une île qui a connu beaucoup de violences dans les années 80, jusqu'à ce que les chefs des deux camps - indépendantistes kanaks contre loyalistes d'origine européenne - se tendent la main. Le président français a donc rendu un hommage appuyé à ces deux hommes "de cœur, de bien et de raison". A Nouméa, il s'est notamment recueilli sur la tombe de Jacques Lafleur, l'ex-leader loyaliste.

François Hollande a ensuite pris un hélicoptère, direction le nord de l'île, le fief des kanaks, pour un hommage très fort à Jean-Marie Tjibaou, assassiné en 1989 juste après avoir signé les accords de Matignon qui avaient mis fin aux violences. L'Elysée a mis en ligne une vidéo de cette commémoration
Par

 

Le Monde (17/11/14)

Ce que la presse métro dit du voyage de Hollande en Nouvelle-Calédonie (part2)

A Nouméa, Hollande choisit la prudence
Ménager les uns et les autres, ne pas prendre parti, et se placer en toutes circonstances, au juste milieu. Le déplacement en Nouvelle-Calédonie semblait taillé sur mesure pour François Hollande, l’homme de la synthèse envers et contre tout. Lundi 17 novembre, le président de la République a défendu pendant son déplacement d’une journée sur le « Caillou » la position de « neutralité active » de l’Etat, selon les mots d’un conseiller, dans le processus de décolonisation en cours dans le cadre de l’accord de Nouméa qui doit mener au plus tard en 2018 sur un référendum d’autodétermination.

Tout au long de la journée, le chef de l’Etat a donc jonglé entre les différentes sensibilités, donnant des gages aux partisans de la Nouvelle-Calédonie française, en se rendant sur la tombe de Jacques Lafleur, député loyaliste décédé en 2010, puis aux indépendantistes en faisant de même sur celle de Jean-Marie Tjibaou, le leader kanak assassiné en 1989. Lors de ces visites émotionnellement fortes, en compagnie de la fille du premier et de la veuve du second, qui auront passé la journée dans les bras l’une de l’autre, François Hollande a tenté d’incarner un Etat garant du compromis trouvé par les accords de Matignon (1988) puis de Nouméa (1998). « Si le président de la République prenait partie pour ou contre l’indépendance, on ne pourrait plus faire cet accompagnement car on serait suspect », justifie un conseiller.

Une position qui ne satisfait pas tout le monde. « Comment le chef de l’Etat peut ne pas avoir d’avis sur une question aussi importante ? », s’étrangle le sénateur de droite (R-UMP) de Nouvelle-Calédonie, Pierre Frogier. 5 000 personnes se sont pressées dans les rues de Nouméa à la mi-journée, répondant à l’appel à manifester d’une partie de la droite, avec pour mot d’ordre : « Restons français ».

A la même heure, François Hollande était dans le nord de l’île pour inaugurer une usine de nickel. Une étape importante de son déplacement : cet équipement représente le principal investissement, d’environ 5,5 milliards d’euros, dans l’industrie sur le territoire français depuis plusieurs années, alors que la Nouvelle-Calédonie dispose de 20 % des ressources mondiales de nickel. Il symbolise également la volonté de « rééquilibrage » économique entre le nord de l’île (à majorité kanake) et le sud (à majorité européenne), qui fonde les accords de Nouméa. Une « usine politique », selon M. Hollande, qui a appelé les Calédoniens à construire leur « stratégie nickel » ensemble, alors que les avis s’opposent sur la voie industrielle à emprunter.

Bouche bée

L’Etat espère que cette discussion dans le domaine économique forcera les différents acteurs à se mettre autour de la table. « Ici, ce qui se construit, à travers cette usine, c’est l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Cela vous permet d’être plein d’espoir pour l’avenir que vous aurez choisi », a déclaré le chef de l’Etat. La question du « choix » fut d’ailleurs le leitmotiv de cette visite très dense, avec deux traversées de l’île agrémentées d’un survol en hélicoptère du récif corallien, qui laissa François Hollande bouche bée.

Devant les élus de l’île réunis au centre culturel Tjibaou, qui promeut la culture kanake, le chef de l’Etat a insisté sur la nécessité pour les Calédoniens de prendre en main leur destin. « Vous trouverez la solution vous-mêmes, elle est au bout de ce processus. Personne ne la connaît, c’est vous qui allez la formuler. La France restera à vos côtés autant que la Nouvelle-Calédonie le voudra. »

Dans ce discours grave, où il a rappelé les « événements » violents des années 1980 et la paix fragile sur le « Caillou », il a tenu à apporter toutes les garanties sur l’accompagnement de la République et le transfert des compétences qui doit se poursuivre. Mais le rôle de l’Etat sera surtout de garantir la tenue du référendum en 2018, si les élus de Nouvelle-Calédonie ne trouvent pas un compromis avant pour l’organiser. Le président a insisté sur la constitutionnalité de l’accord de Nouméa et a semblé écarter tout prolongement du statu quo, comme le souhaite une partie de la droite calédonienne. François Hollande à qui l’on reproche souvent de ne pas savoir trancher, semble bien décidé à obliger les autres à le faire.

    Nicolas Chapuis
    Journaliste au service France, chef adjoint temps réel 

L'Express

Ce que la presse métro dit du voyage de Hollande en Nouvelle-Calédonie (part2)

François Hollande aux antipodes: de Brisbane à Nouméa

C’est un long voyage, celui qui mène aux antipodes dans le Pacifique sud. Long et physiquement épuisant.

Aussi est-il légitime d’attendre de cet effort réel contre le temps, l’espace et le décalage horaire des résultats incontestables. Ou pour le moins des avancées.

Alors que François Hollande entame le troisième volet de son périple dans l’hémisphère austral en s’apprêtant à débarquer pour une visite d’Etat en Australie, une première pour un chef d’Etat français, et qui pourrait être marquée par l’annonce de quelques grands contrats, que retenir jusque là de la visite du président de la République, à Brisbane, dans le Queensland australien à l’occasion du G20 et dans l’archipel français de Nouvelle-Calédonie, à moins de trois heures d’avion?

A Brisbane, François Hollande a surtout brillé par sa discrétion. Alors que les Premiers ministres britannique, australien et canadien ainsi que le président américain ont publiquement dénoncé sans fioritures l’agression russe en Ukraine, le président français a été plus réservé dans son expression devant les médias. Et s’il a rencontré Vladimir Poutine, une heure durant, ce n’est rien, comparé à la Chancelière allemande qui a eu droit à un tête-à-tête de quatre heures avec le Russe. S’il y avait un doute sur le leadership européen, le voici levé: c’est bien Angela Merkel qui est prise au sérieux à Moscou lorsqu’il s’agit de choisir l’interlocuteur qui parle au nom de l’Europe.

A Nouméa, dans un contexte totalement différent, François Hollande avait choisi de placer son premier déplacement dans ce territoire de 270 000 habitants sous le signe de la mémoire. Il s’est ainsi incliné sur les tombes de Jacques Lafleur et de Jean-Marie Tjibaou, artisans de la réconciliation entre les communautés, il y a 25 ans. Fidèle à son rôle institutionnel, le président en a appelé au rassemblement au-delà des différences et espéré  l’avènement d ‘un nouveau consenssus avant le référendum d’autodétermination, normalement prévu en 2018. Garant de l’équidistance » de l’Etat entre les partisans de l’indépendance et ceux du maintien au sein de la République, il n’a rien dit formellement de sa préférence personnelle sur l’avenir institutionnel du territoire.

Toutefois, lors de son discours au centre culturel Tjibaou, ce lundi, François Hollande est allé plus loin que ce que l’on pouvait attendre.

Il a insisté sur l’inquiétude des pays alentour face à la perspective d’un désengagement possible de la France dans une région convoitée, notamment par la Chine.  Contrairement à un passé pas si lointain, « la présence de la France est aujourd’hui attendue, demandée, espérée » en Australie mais aussi dans les micro-Etats océaniens qui comptent sur Paris afin de relayer au niveau européen leurs demandes et y défendre leurs intérêts. Il est bon que le chef d’Etat ait pris conscience de ce changement du climat géopolitique et des responsabilités qui pèsent sur Paris dans ce petit morcean de l’immense Pacifique.

Sur la Nouvelle-Calédonie elle-même, le président a donné des inflexions nouvelles sur au moins trois points. Il a – courageusement -  dit aux indépendantistes que l’accès à la citoyenneté calédonienne, aujourd’hui définie essentiellement par un droit de vote  conditionné par l’ancienneté de la résidence dans l’archipel, ne pouvait rester  » totalement fermé » à l’avenir. Cela ne se voit dans « aucun territoire au monde » a t-il précisé. Il a, ensuite, demandé un examen de conscience sur l’exercice des compétences (actuelles et à venir) dévolues par Paris et sur les moyens  qui doivent les accompagner – ce qui pouvait s’entendre comme un avertissement implicite face  au risque de  goinfrerie institutionnelle que le petit archipel aux ressources humaines et budgétaires limitées ne pourrait digérer. Enfin, en mettant en garde contre l’hypothèse d’une victoire étroite d’un camp sur l’autre lors du référendum d’autodétermination, il a, sans le dire, semblé marquer sa préférence pour un nouveau pacte décennal entre indépendantistes et loyalistes qui renverrait, le temps d’une génération au moins, la question de l’indépendance à plus tard.

Le discours de François Hollande reste à certains égards ambigu et prudent mais, à coup sûr, à Nouméa il n’a pas parlé pour ne rien dire.
par Jean-Michel Demetz

RTL (17/11/14)

Ce que la presse métro dit du voyage de Hollande en Nouvelle-Calédonie (part2)
http://www.dailymotion.com/video/x2af6b1_a-noumea-les-caledoniens-defendent-leur-identite-francaise_news?start=53

VIDÉO - À Nouméa, les Calédoniens défendent leur identité française
VIDÉO ZAPPEUR - À l'occasion de la visite de François Hollande, plusieurs milliers de personnes sont descendus dans les rues pour crier leur amour de la France. 
En se rendant en Nouvelle-Calédonie, François Hollande s'attendait à se confronter aux demandes des habitants de l'archipel. Et ce lundi, plusieurs milliers d'entre eux n'ont pas hésité à descendre dans les rues de Nouméa pour affirmer leur attachement à la métropole. 

Un peu plus de trois ans avant un référendum qui pourrait donner son indépendance à la collectivité, l'objectif du cortège était d'attirer l'attention d'un président de la République dont la position n'est "pas assez affirmée", pour une partie des manifestants. 

D'après plusieurs organisateurs, la neutralité du gouvernement quant au statut de la Nouvelle-Calédonie participe ainsi à une "fragilisation" de la position française dans le Pacifique. 

Le Telegramme (17/11/14)

Ce que la presse métro dit du voyage de Hollande en Nouvelle-Calédonie (part2)
Hollande. « Ce sont les Calédoniens qui auront le dernier mot »

Affirmer la neutralité de l'État français dans la perspective du référendum d'autodétermination qui doit se tenir d'ici à 2018 en Nouvelle-Calédonie tout en soulignant sa volonté d'en faire un « succès » : tel était hier le message de François Hollande pour sa toute première visite sur le Caillou. « Ce sont les Calédoniens qui auront le dernier mot », a-t-il martelé, se gardant de toute immixtion dans le vif débat qui oppose indépendantistes kanaks et loyalistes « caldoches ». Dernière illustration en date de ces tensions : une manifestation a réuni hier plusieurs milliers de partisans du maintien du territoire dans la République, à Nouméa, sous le slogan « Restons Français ». Hommage à Lafleur et Tjibaou Au même moment, François Hollande entamait son périple d'une journée sur l'archipel par un hommage croisé aux signataires, en 1988, des accords de Matignon, le « caldoche » Jacques Lafleur, et l'indépendantiste Jean-Marie Tjibaou, allant se recueillir sur leurs tombes, à Nouméa et dans la Province nord. Symbole des symboles de la réconciliation engagée par ces accords qui avaient ramené la paix civile après plusieurs années d'affrontements sanglants : Marie-Claude Tjibaou, veuve de Jean-Marie Tjibaou, et Isabelle Lafleur, fille de Jacques Lafleur, entouraient François Hollande (ci-dessus). Le président français doit regagner l'Australie ce matin pour une visite d'État inédite à Sydney et Canberra, vingt ans après la crise aiguë provoquée par la dernière campagne d'essais nucléaires français dans le Pacifique sud. Ce sera la dernière étape de cette tournée marathon aux antipodes qui l'aura tenu éloigné toute une semaine de la métropole.

© Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/france/hollande-ce-sont-les-caledoniens-qui-auront-le-dernier-mot-18-11-2014-10428227.php

France 2 JT 17/11/14)

Ce que la presse métro dit du voyage de Hollande en Nouvelle-Calédonie (part2)
VIDEO. Indépendance de la Nouvelle-Calédonie : François Hollande ne prend pas parti
http://www.francetvinfo.fr/politique/francois-hollande/video-independance-de-la-nouvelle-caledonie-francois-hollande-ne-prend-pas-parti_747189.html
François Hollande a été accueilli par une manifestation anti-indépendantiste en Nouvelle-Calédonie. Il a réaffirmé sa volonté de voir se tenir un référendum sur l'autodétermination d'ici 2018.
Pour sa première visite officielle en Nouvelle-Calédonie, François Hollande a été accueilli par des militants anti-indépendantistes. Dans les rues de Nouméa lundi 17 novembre, près de 5 000 personnes ont défilé pour affirmer leur volonté de rester rattachés à la France. Le président a malgré tout refusé de prendre parti.
Un hommage rendu à chaque camp

Il a ménagé les Kanaks, majoritairement indépendantistes, en se rendant sur la tombe du leader kanak Jean-Marie Tjibaou. Le président a ensuite déposé une gerbe sur celle de Jacques Lafleur, qui s'était battu pour que la Nouvelle-Calédonie reste française."Ces deux hommes se sont levés et ont décidé de se serrer la main", a commenté François Hollande.

Si le chef de l’Etat a choisi la neutralité pour sa première visite officielle en Nouvelle-Calédonie, il a par contre réaffirmé que le référendum sur l'autodétermination des Calédoniens aurait bien lieu d'ici 2018 au plus tard et scellerait le sort des habitants.

TF1 JT (17/11/14)

Ce que la presse métro dit du voyage de Hollande en Nouvelle-Calédonie (part2)

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En Nouvelle Calédonie, François Hollande joue la carte de la réconciliation
Le Président, en visite à Nouméa, a rappelé que "les engagements pris seront tenus", alors que le congrès de Nouvelle Calédonie doit organiser avant 2018 une consultation en vue de son indépendance.

«Le débat sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie crée une surenchère politique»

TÉMOIGNAGES

François Hollande est en visite en Nouvelle-Calédonie à l’occasion de son voyage océanien. Le chef de l’Etat a bien pris soin ce lundi de ne pas prendre position, alors que l’archipel est très divisé autour de la question du référendum sur la pleine souveraineté qui doit se tenir d’ici 2018.
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    Par Lilian Alemagna

Quatre habitants de Nouméa expliquent à Libération pourquoi ils sont plutôt favorables au maintien d’une tutelle de l’Etat français.

 
«J’ai peur que le référendum dresse les uns contre les autres»
Lisa(1), 50 ans, travaille dans l’administration. Elle vit en Nouvelle-Calédonie depuis dix-huit ans.

«La Nouvelle-Calédonie est étonnante de contrastes et contradictions. Autant les avis sont souvent tranchés, autant le dialogue reste possible dans la plupart des situations. La période politique qui s’ouvre est compliquée. Elle le sera d’autant plus qu’elle sera émaillée de conflits sociaux importants qui mèneront à la radicalisation de certains.
 
 
«Dans l’absolu, je ne souhaite pas l’indépendance. D’une manière générale je n’aime pas les frontières, et puis qu’est-ce que cela veut vraiment dire aujourd’hui ? C’est une chimère, aucun pays n’est indépendant et encore moins autonome, qu’est-ce que 260 000 habitants perdus au milieu du Pacifique peuvent attendre de l’indépendance ? Mais je comprends et je respecte le sens idéologique de ce désir. Je pense que la population kanake pro-indépendance ira jusqu’au bout de sa revendication, ce sera aux politiques en place de trouver un chemin qui mène à un statut définitif qui comprenne la notion d’autonomie et de citoyenneté, si importante aux yeux d’une grande partie de la population. Si j’attends quoi que ce soit de la France, c’est qu’elle aide à trouver ce chemin.

«Je crains le référendum à cause de sa simplicité très relative. Simple de mettre un bulletin oui ou non dans une urne un dimanche, si compliqué de comprendre ce qu’il y a derrière. Je ne pense pas que tous les Calédoniens aient la totalité des pièces du puzzle. J’ai aussi peur que cette action politique dresse forcément les uns contre les autres : vu comment a été rédigé l’accord de Nouméa (une, deux, ou trois consultations possibles, un oui étant définitif, un non entraînant un retour aux urnes), c’est autant de vainqueurs et de vaincus potentiels, autant de frustrations à répétition dans une situation déjà économiquement difficile, et socialement instable.

«Mais je ne voterai pas s’il y a un référendum, je ne suis pas sur la liste (2). Je fais partie de ceux qui ont choisi de vivre sur cette terre, pas de ceux qui ont été choisis par elle. Ne pas être consultée ne me choque pas, décider de vivre ici, c’est aussi décider de faire confiance aux Calédoniens.»

«Quel intérêt à se passer d’une tutelle aussi bénéfique ?»
Luc Maitrepierre, 55 ans, ingénieur météo. Ses parents sont arrivés en Nouvelle-Calédonie en 1958 par bateau; il est le premier Calédonien de sa famille.

«La période politique actuelle est propice à une certaine surenchère des partis politiques avec d’un côté les plus "indépendantistes" et de l’autre les plus "loyalistes". Or, on sait déjà que le(s) référendum(s) ne régleront rien puisque, élections après élections, le rapport de force reste globalement le même : un peu moins de 60% des électeurs sont pour le maintien dans la France alors qu’un peu plus de 40% sont contre.

«Le problème est que rien n’est prévu en cas de refus de l’indépendance, mais surtout que cette indépendance n’est portée par aucun projet bien défini et uniquement par les leaders kanaks. En fait, les Mélanésiens font de l’accession à l’indépendance le chemin obligé pour solder la période coloniale. Dans la mesure où l’indépendance doit se faire au profit des seuls Kanaks, que la démocratie, l’ordre public ainsi que l’égalité des citoyens devant la loi ne sont pas garantis, je ne suis donc pour le maintien de la tutelle de l’Etat français.

«La France, qui ne dispose plus que des compétences régaliennes en Nouvelle-Calédonie, permet de maintenir un équilibre entre des communautés qui ne sont pas prêtes à vivre ensemble de façon harmonieuse. Affirmer le contraire serait méconnaître les tensions intercommunautaires, plus ou moins larvées, qui existent dans ce pays et qui pourraient dégénérer si des groupes se sentent menacés. Ce besoin de sécurité, que je partage, l’Etat en est le meilleur garant. La Nouvelle-Calédonie dispose déjà d’une très large autonomie (sans précédent dans l’ensemble français) qu’elle a parfois du mal à totalement assumer, faute de moyens et/ou de cadres. La France lui apporte un appui technique et financier, une monnaie adossée à l’euro, des institutions stables et la sécurité intérieure et extérieure qui doivent lui permettre de poursuivre son développement. Elle maintient aussi la corruption, qui ne demande qu’à exploser, à un niveau décent ainsi qu’une relative protection contre l’appétit des multinationales qui lorgnent sur son nickel. Quel est donc notre intérêt de se passer d’une tutelle aussi bénéfique ?

«Dans l’absolu, la Nouvelle-Calédonie est peut-être déjà assez forte pour voler de ses propres ailes, mais tant que le sentiment de destin commun ne sera pas ancré dans tous les esprits, le passage à une totale souveraineté sera un pari très risqué, trop risqué pour beaucoup (pour moi aussi). Car si ça ne marche pas, la seule alternative à la violence sera de partir. Or personne ne souhaite en arriver là.»


«Une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes»
Ingrid, 32 ans, travaille à la Sacenc (équivalent de la Sacem). Métropolitaine, elle vit à Nouméa depuis 2005.

«Mon compagnon est né à Nouméa. Mais, de mon côté, il m’est impossible de m’exprimer par la voie des urnes sur le référendum pour ou contre l’indépendance, car je ne fais pas partie du corps électoral, de la "liste spéciale" (2). Je n’ai pas le droit de vote pour les provinciales, ni pour le référendum d’autodétermination.

«Je suis pour un référendum, mais avec des propositions concrètes et constructives. Et le plus tôt possible afin de ne plus sentir cette question comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Si je devais m’exprimer, je dirais que je suis pour que la Nouvelle-Calédonie reste au sein de la République, pour que l’on conserve notre nationalité française. La Nouvelle-Calédonie a déjà une grande autonomie grâce au transfert des compétences, mais elle a encore besoin de la France. La France doit accompagner la Nouvelle-Calédonie pour qu’elle puisse décider elle-même de son avenir.

«Dans ce tumulte d’enjeux politiques et économiques, la voix des Calédoniens, toutes origines confondues, semble ne pas être entendue. Je crois que chacun aspire à vivre en paix et ce pays, nous le construisons déjà chaque jour ensemble. Mais la période politique qui s’annonce est tendue et le clivage pour ou contre l’indépendance ne fait qu’attiser les rancœurs entre chaque communauté.

«Les grandes questions auxquelles j’attends des réponses sont : qui aura accès à la citoyenneté calédonienne ? Qui pourra voter aux élections locales ? Qu’est-ce que l’indépendance changerait pour nous, habitants de la Nouvelle-Calédonie, dans notre quotidien ? J’attends, en tout cas, de la visite de François Hollande qu’il puisse nous garantir la paix sociale en Nouvelle-Calédonie.»

«Perdre mon identité ? Non»
Pascal Poircuitte, 52 ans, enseignant. Calédonien d’origine, sa famille vit sur l’archipel depuis cinq générations.

«La Nouvelle-Calédonie doit rester au sein de la République française tout en ayant une grande autonomie de gestion comme c’est le cas aujourd’hui. Il me semble que nous sommes allés aux confins de l’autonomie interne. Nous avons des institutions (provinces, gouvernement, congrès, mairies, Sénat coutumier, signes identitaires…) qui nous permettent d’exercer le pouvoir et de mettre en œuvre une politique qui nous est propre.

«Cette liberté de gestion doit se faire au sein de la France qui doit impérativement garder la maîtrise des compétences régaliennes afin de nous garantir un avenir serein et permettre aux citoyens de la Nouvelle-Calédonie de pouvoir bénéficier de cette chance d’appartenir à ces espaces de liberté que sont la France et l’Union européenne. Je n’envisage pas une autre forme de relation avec la France.

«Je suis français, ma famille comme bien d’autres familles d’origines diverses ont fait de la Nouvelle-Calédonie un pays riche où il fait bon vivre. Par conséquent, en aucun cas je ne serais favorable à l’indépendance ou à une de ses variantes qui ne feraient que leurrer le peuple calédonien sur son devenir. Un accord, un contrat, une association peuvent à tout moment se rompre. Il suffit de regarder les pays de la région pour se rendre compte que l’indépendance n’a rien apporté de plus, bien au contraire (Vanuatu, Fidji et ses coups d’État à répétition, Papouasie-Nouvelle-Guinée et son insécurité…).

«Devenir indépendant pour voir son niveau de vie baisser ? Non. Perdre mon identité ? Non. Prendre ce genre de risque pour l’avenir de mes enfants pour satisfaire une poignée d’individus idéalistes ou assoiffés de pouvoir ? Non.

«C’est surtout le successeur de François Hollande qui devra gérer la période délicate de sortie de l’accord de Nouméa. Nous attendons que l’Etat français joue son rôle d’arbitre et fasse respecter la volonté de la majorité des Calédoniens. Si en plus, il parvient à favoriser un accord entre tous les partis (auquel je ne crois pas vraiment), il aura accompli un réel exploit.»
    

Le Parisien (17/11/14)

Nouvelle-Calédonie : 10 000 manifestants anti-indépendance contre Hollande

«François, nous voulons rester français !» Le message de la banderole est clair : pas question pour les manifestants de devenir indépendants. Lundi, vers 12 heures (locales), près de 10 000 personnes, 5000 selon la police, ont manifesté dans le centre ville de Nouméa à l'occasion de la première visite de François Hollande dans l'archipel. 

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ABONNES. Le Caillou dans la chaussure de Hollande ABONNES. Le Caillou dans la chaussure de Hollande Avec parfois des slogans hostiles au chef de l'Etat qu'ils soupçonnent de faire le jeu des partisans de l'indépendance, alors qu'un référendum d'autodétermination doit être avoir lieu d'ici 2018 .

François Hollande avait été prévenu : une visite dans le chaudron néo-calédonien, même de 36 heures, est toujours risquée. En leurs temps, François Mitterrand, Jacques Chirac et même Nicolas Sarkozy l'avaient appris à leurs dépens. François Hollande n'a donc pas échappé à la règle. 

Même divisés, les héritiers de Jacques Lafleur, le leader historique des anti-indépendantistes décédé en 2010, mobilisent. Place du Monument des Américains, le drapeau bleu-blanc-rouge flotte. Certains commerces ont préféré fermer leurs portes tandis que les organisateurs ont choisi l'heure de midi pour défiler. «Ça permet à ceux qui travaillent de venir avec nous», pointe Ludovic, adhérent de l'UMP locale. 

Chacun affiche un autocollant collé sur le cœur : «Restons français», du nom de la marche qui, à en croire ses organisateurs, se veut «apolitique». Mais c'est bien la droite locale qui est dans la rue. Tendance caldoche, du nom de ces Européens venus s'installer ici il y a plusieurs générations, ou émigrés plus récents. Mais tous réunis par une seule volonté : «Maintenir la Nouvelle-Calédonie dans la République parce que l'indépendance c'est la porte ouverte au grand n'importe quoi», estime Gérard, chef d'entreprise de 60 ans, installé près de Nouméa depuis 1998. «Si je dois rentrer en France, c'est une main devant, une main derrière», lâche t-il. 

Le président absent de Nouméa pendant la manifestation

La revendication économique est au cœur des inquiétudes : sans la France, fini les aides. «L'indépendance ça voudrait dire une baisse du niveau de vie», soupire Murielle venue de Farino, à une heure et demi de route. Elle est venue avec sa copine Charleen. Une Kanak, «mais 100% contre l'indépendance», lance-t-elle. Pourquoi ? «Mes fils sont allés à l'école grâce à la France, et maintenant, ils ont le bac et un est sapeur pompier», raconte cette modeste hôtesse d'accueil. «C'est pas comme au Vanuatu», une petite île voisine devenue indépendante. «Là-bas, le Smic c'est l'équivalent de 15000 francs pacifique (125 euros) par mois», peste-t-elle. 

Le cortège s'élance et l'avenue Foch, l'une des principales artères du centre ville, est vite bondée. Sur le camion sono, les organisateurs hurlent : «On veut rester français, François Hollande entend nous!» Le problème, c'est que le président n'est pas à Nouméa. Il a préféré inaugurer une usine de nickel dans la province nord. 

Le président de la République, qui reste 36 heures sur place, agace. «Il est pour ou contre l'indépendance ? Il est fuyant, on ne sait pas, raison de plus pour lui faire passer notre message», note Kathleen, une étudiante de 23 ans, née à Nouméa. «Hollande fous le camp !», entend-on parfois. Sous les applaudissements. «François Hollande n'est pas capable de nous dire ce qu'il veut. Alors nous le lui disons : nous voulons rester français», martèle le sénateur UMP Pierre Frogier. 

Hollande peine à convaincre de sa «neutralité active»

Depuis son arrivée, le président se tient à équidistance prônant «la réconciliation» entre les communautés et en multipliant les hommages à Jacques Lafleur mais aussi à Jean-Marie Tjibaou, le fondateur du Front de libération nationale kanake et socialiste (FLNKS. A propos de l'indépendance ou pas, «les Néo-Calédoniens auront le dernier mot», a prévenu le chef de l'Etat alors qu'un référendum doit être organisé au plus tard en 2018 conformément à l'accord de Nouméa de 1998. 

Mais François Hollande a beau afficher une prudence de sioux, il peine à convaincre de sa «neutralité active», selon l'expression d'un de ses conseillers. Car pour beaucoup de manifestants, «socialiste» veut dire «partisan de l'indépendance». Et de fait, le FLNKS n'a pas rejoint le petit rassemblement indépendantiste qui devait se dérouler dans l'après-midi pour interpeller François Hollande. Avant que le président ne prenne l'avion dans la soirée direction l'Australie pour une visite d'Etat.

L'Obs (17/11/14)

Ce que la presse métro dit du voyage de Hollande en Nouvelle-Calédonie (part2)


PARIS (Reuters) - François Hollande a dit lundi espérer que le référendum prévu avant la fin 2018 en Nouvelle-Calédonie sur les relations institutionnelles entre l'archipel du Pacifique et la France déboucherait sur une "solution consensuelle".

"C'est toujours mieux d'avoir une solution consensuelle", a estimé le président, invité de la chaîne France Ô, à l'occasion de son déplacement en Nouvelle-Calédonie.

"Si cette consultation devait diviser, on sait bien qu'il y aurait de la frustration chez les uns, chez les autres", a ajouté le président qui a promis l'aide de l'Etat pour accompagner le processus de concertation.

Pressé de donner sa préférence personnelle sur l'avenir de l'archipel, François Hollande a réitéré son engagement d'assurer la neutralité du gouvernement sur la question d'une indépendance totale ou du maintien d'un lien institutionnel avec la France.

Cette ligne politique tranche avec celle de l'ancien président Nicolas Sarkozy, qui s'était prononcé à titre personnel en faveur d'un maintien de l'archipel dans le giron de la République.

Le président français a profité de sa visite pour se recueillir devant les tombes du leader kanak Jean-Marie Tjibaou et du loyaliste Jacques Lafleur, signataires des accords de Matignon de 1988 qui ont mis fin à un cycle de violences.

Le 5 mai 1988, trois jours avant le second tour de l'élection présidentielle, l'armée donnait l'assaut à une grotte située dans l'île d'Ouvéa où des Kanaks retenaient en otage 27 gendarmes. L'opération s'était soldée par la mort de 19 indépendantistes, quatre gendarmes et deux parachutistes.

Signés sous l'égide du gouvernement de Michel Rocard, les accords de Matignon ont été suivis dix ans plus tard par les accords de Nouméa qui organisent le transfert progressif de vastes compétences à la Nouvelle-Calédonie, l'Etat français ne conservant que les principales fonctions régaliennes.

La question de la dernière étape de ce processus d'émancipation divise l'archipel, où des loyalistes ont profité de la visite de François Hollande pour manifester en faveur du maintien des liens entre la Nouvelle-Calédonie et la France.

(Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

Florence Dhie



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